Pour ce deuxième témoignage de la rubrique « Les Pretty Mamma », je vous propose de lire le récit de Séverine, maman de 3 enfants, qui a suivi son mari dans la folle aventure d’une expatriation en Malaisie. Un témoignage extrêmement intéressant, qui permet de mieux comprendre les avantages mais aussi les difficultés que peuvent rencontrer les familles expatriées, avant et pendant leur séjour. Un grand merci à Séverine de nous faire partager cette belle aventure humaine !

 » Février 2015, mon mari accepte la proposition d’un poste à Kuala Lumpur pour deux ans. C’est notre première expatriation. On en a envie depuis un petit moment mais là, ça y est ça se concrétise.  Nous sommes un couple avec trois enfants.

L’ainée a 15 ans. Elle est enthousiaste à l’idée de partir. Le changement de pays et d’école ne lui font pas peur, je dirais même au contraire, elle est plutôt excitée par ce projet. Elle aime les voyages et ça tombe bien, on a prévu d’en faire plusieurs.

Sa petite sœur de 9 ans est plus réticente. Les mois précédents, lorsque nous parlions expatriation, elle refusait de nous écouter. Elle se mettait en colère et fuyait les discussions. Elle a toujours vécu dans le même village. Elle est plus attachée à ses repères, sa maison, ses grands-parents, sa cousine…Il lui était difficile d’envisager d’aller vivre ailleurs. Quand le départ a été prévu, elle a enfin accepté d’en parler. On a essayé de la rassurer, de lui montrer les avantages qu’elle y trouvera et on lui a promis de trouver un club de gymnastique artistique, sport pratiqué depuis 3 ans et qu’elle ne veut surtout pas arrêter.

Notre fils a 4 ans. Il est trop jeune pour se rendre compte que l’on part pour une longue période. Ce qui lui plait dans notre projet, c’est prendre l’avion. Pour lui, c’est comme si on partait en vacances. Je pense qu’il sent que l’on est confiant et cela suffit à le rassurer.

Maintenant, il faut préparer notre départ, prévu dans quatre mois. Voici nos démarches :

  • Mettre en location la maison. Nous préférons la garder car nous partons que deux ans. On trouve rapidement des locataires grâce à un couple d’amis qui nous met en relation avec une famille qui cherche à louer une maison sur notre secteur.
  • Mon travail: Je suis infirmière dans la fonction publique hospitalière. Je peux demander une disponibilité pour suivre mon conjoint. Je retrouve un poste à l’hôpital à mon retour. Je dois, par contre, cotiser auprès d’un organisme privé pour ma retraite.
  • Inscription des enfants à l’école. Nous décidons de les inscrire à l’école française de Kuala Lumpur. Il y a de la place. L’inscription se fait facilement via leur site internet.
  • Notre futur logement. Mon mari commence à travailler en Malaisie au mois d’avril. C’est lui qui fait les premières visites. En mai, je fais un voyage de reconnaissance et l’aide à choisir parmi les logements qu’il a sélectionné. Il est important pour moi que l’on vive près de l’école. Je n’ai pas envie que les enfants subissent les embouteillages. Et si c’est possible, dans une maison. Et j’ai trouvé ! Une maison à 300 m de l’école et ça rentre dans notre budget !
  • Le déménagement. Il faut trier ce qui reste en France et ce qui part à Kuala Lumpur. La maison étant semi-meublée, on emporte surtout nos affaires personnelles et des jouets. Le reste est stocké dans la famille. Je contacte une entreprise pour transporter nos affaires par container jusqu’à Kuala Lumpur. 23 m3 tout de même.
  • L’administration. J’effectue le changement d’adresse et résilie tous les contrats d’assurance, l’eau, l’électricité… L’entreprise de mon mari se charge des visas et assurances maladies (nous sommes à la caisse des français à l’étranger).
  • Une dernière visite chez le médecin pour les vaccins restants à faire et pour avoir un petit stock de médicaments de base.

Le 29 juin 2015, nous quittons la France. Il n’est pas facile de dire au revoir à tout le monde. Nous sommes à la fois tristes et excités.

départ

Nous arrivons avant les vacances scolaires et on peut visiter l’école. Nous apprenons que la plupart des français rentrent en France pour l’été. Les enfants sont très déçus. Ils pensaient faire des connaissances pendant l’été. Les premières semaines sont plutôt mitigées. L’excitation des premiers jours est un peu retombée. Nos affaires tardent à arriver (elles ne seront là que mi-août), il n’y a pas de jouets pour s’occuper. Je n’ai pas encore de voiture donc nous sortons peu, il n’y a pas de transports en commun dans mon quartier. Les enfants parlent peu ou pas anglais. Au début, mon fils refuse de jouer avec des enfants qui ne parlent pas français.

On se sent parfois seuls. On supporte mal la chaleur et l’humidité. On dort mal. Toutes les démarches me paraissent compliquées et longues à aboutir. Nous attendons internet pendant un mois. Il faut de la patience. Nous apprenons à nous adapter au rythme du pays.

On trouve petit à petit nos marques et les avantages à vivre dans cette grande métropole. On découvre les immenses parcs de jeux, les grands centres commerciaux, les promenades dans la jungle. Notre impression est positive. Les saveurs de l’Asie. Les restaurants sont nombreux, peu chers. On mange à l’extérieur. La nourriture est principalement malaisienne, chinoise et indienne. Mais on en trouve de toutes les origines. On se régale des dumplings (raviolis chinois), de cheese naan (pains indiens avec du fromage) de poulet satay (brochettes de poulet mariné).

nourriture

On apprécie la mixité culturelle et religieuse. Trois communautés cohabitent, les malais de souche qui sont musulmans, les malaisiens chinois et les malaisiens indiens. Ce qui est surprenant, c’est qu’on peut trouver dans une même rue un temple chinois et un temple indien. Lors de chaque fête, la ville est décorée que ce soit pour Hari raya (fête musulmane qui célèbre la fin du ramadan), Deepavali (fête indienne très populaire appelée aussi fête des lumières) ou Noël.

Septembre arrive, c’est la rentrée des classes. Les enfants s’adaptent bien à leur nouvelle école et reçoivent un très bon accueil. On sent que les élèves sont habitués aux nouveaux venus et les intègrent très vite. Chacun trouve son groupe de copains. Dès les premières semaines, ils sont invités à des anniversaires, des sleep over (soirées pyjamas) et la plus grande, sort avec les autres élèves de seconde.

Pour moi aussi, c’est la rentrée. J’assiste à des cafés de l’association française de Malaisie et commence à faire des connaissances. Il n’est pas facile de passer du statut de femme active à celui de femme au foyer. Je suis heureuse d’avoir beaucoup de temps pour m’occuper des enfants (les deux plus petits finissent à 14h30) mais j’avoue que je suis un peu perdue. J’ai besoin d’être occupée et de me sentir utile. Je me tourne donc vers un groupe de bénévoles appelé coup de pouce. Il est constitué de femmes expatriées françaises et belges. On vient en aide aux enfants (orphelinats, écoles pour réfugiés, enfants atteints du sida…). On organise des actions visant à récolter de l’argent puis on délivre, selon les besoins, de l’alimentation, des produits d’hygiène ou des fournitures scolaires. Certaines d’entre nous, enseignent dans les écoles pour réfugiés birmans. Je prends des cours d’anglais. J’apprends le shiatsu familial, technique de massage japonais. Ma famille apprécie beaucoup que je m’entraîne sur eux. A la fin de la première année, je suis une formation pour devenir professeur de zumba. Depuis, je donne des cours aux enfants de 10 à 13 ans, aux adolescents et aux adultes.

Toutes ces activités me permettent de rencontrer de superbes personnes. Lorsqu’on est expatrié, les amitiés se forment plus rapidement. On vit la même aventure. On est plus disponibles aussi et plus ouverts car loin de nos familles et amis. On sort plus, on part en week-end ensemble. C’est un des bons côtés de la vie d’expatriés.

coup de pouce6

Autre bon côté, ce sont les voyages. La Malaisie est un beau pays et se trouve bien placé pour visiter l’Asie et l’Océanie. Les îles paradisiaques, les champs de thé, la forêt tropicale, les mangroves sont des curiosités à découvrir lorsqu’on visite la Malaisie. Les fonds marins sont riches. On peut apercevoir de magnifiques poissons, des tortues, des petits requins, des raies juste avec un masque et un tuba. Même mon fils de cinq s’y est mis et adore ça.

Nous avons la chance de souvent voyager. On s’est créés de beaux souvenirs en famille. De la Chine au Cambodge en passant par l’Indonésie… Et de très bons moments de partages et de complicité au cours de nos road trips en Australie et en Nouvelle-Zélande. La promiscuité d’un van permet encore plus d’échanges. Notre expatriation, nous permet de passer plus de temps tous les cinq réunis. En France, mon mari était souvent en déplacement professionnel à l’étranger, je devais souvent gérer le quotidien sans lui. Je travaillais un week-end sur deux. Ici, nous sommes ensemble tous les week-ends et mon mari rentre tous les soirs, même si c’est parfois tard.

Tout cela, va certainement nous manquer… Notre retour en France est prévu pour le mois d’août. Il faut déjà s’y préparer. Les inscriptions à l’école, la préparation du déménagement, la reprise du travail pour moi.

Deux ans, c’est court.

Dès lors, je peux dire que notre expatriation nous a beaucoup apporté : découverte d’une autre culture, rencontres, voyages. C’est une belle expérience à vivre en famille. Mes enfants ont plus confiance en eux. Ils sont à l’aise partout. Ils s’expriment en anglais sans complexe. Ils ont acquis une bonne capacité d’adaptation. Les malaisiens sont des gens accueillants et gentils. Il fait bon vivre dans leur pays. J’appréhende notre retour. Mais, pour l’instant, je veux profiter au maximum des derniers mois qu’il me reste.

Pour ce qui est de conseiller l’expatriation aux familles je dirais que si les bonnes conditions sont réunies: sécurité du pays, finances (salaires en fonction du coût de la vie sur place) et le goût de l’aventure (aimer les découvertes, être ouvert aux autres et être capable de s’adapter à une autre culture, parfois très différente de la nôtre). Je le conseille à 100 % ! « 

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