Préparer son ainé(e) à l’arrivée d’un frère ou d’une soeur n’est pas une mince affaire ! Encore moins quand plusieurs frères et soeurs arrivent en même temps! Je vous propose de lire le témoignage de Maud, maman de 3 filles (dont des jumelles) et qui nous raconte comment elle s’y est prise pour préparer son ainée à l’idée de devenir grande soeur.
Bonne lecture et merci à Maud pour tous ses bons conseils !

Maud

« Nous sommes parents de 3 petites filles: Héloïse (2 ans et 10 mois), Solène et Eléonore (13 mois).

Nous avons fait le choix d’avoir des enfants rapprochés pour plusieurs raisons :

• Nous souhaitions qu’ils soient proches afin qu’ils partagent le plus de choses possibles
• Nous voulions passer rapidement la période « couches et biberons »

Nos enfants ont 21 mois d’écart et auraient pu avoir encore moins si cela n’avait tenu qu’à nous. Héloïse est née par césarienne : les médecins nous ont préconisé d’attendre au moins 1 an avant une autre grossesse. Donc nous avons attendu 1 an, mais pas plus: 1 an et 8 jours après la naissance d’Héloïse, je tombais enceinte !

C’est lors de la première échographie, que nous avons appris que ce serait une grossesse gémellaire. Lorsqu’on nous l’annonce, notre première réaction est de demander à l’échographiste de répéter ! Nous sommes restés bouches bées.. Aucun jumeaux dans la famille et c’est une grossesse spontanée, alors pourquoi nous ? Dans nos têtes, c’est un feu d’artifice: sentiments et pensées antagonistes se côtoient. Nous sommes à la fois  heureux, surpris,  effrayés et sereins. Tous ceux qui l’ont vécu nous l’ont dit : le passage de 1 à 2 n’est pas forcément facile, alors de 1 à 3 … Et Héloïse dans tout ça, comment lui annoncer qu’elle allait avoir non pas une mais deux petites sœurs ? Et comment lui faire comprendre ce que cela voulait dire et impliquait ?

Nous avons décidé de lui en parler le plus tôt possible, une fois la grossesse confirmée. Elle a été la première personne à qui nous en avons parlé. Pour ce faire, nous choisissons le moment du câlin du soir, avant le coucher, pour lui demander si cela lui dirait de devenir grande sœur (à cette époque, elle disait toujours oui, à nos questions…). A son « oui !! », nous avons répondu « Et bien c’est d’accord » en ayant un peu triché donc ..

De là, il a fallu expliquer sur la durée ce que cela impliquait vraiment. Le comment lui faire prendre conscience des implications a été pour nous une vraie réflexion. Nous avions pensé à utiliser des livres. Il y en a beaucoup sur le sujet, le problème c’est que ce sont surtout des livres à conter à destination des plus de 3 ans… J’en ai trouvé un seul particulièrement bien fait pour son âge  « J’attends un petit frère », de Marianne Vilcoq ». On y voit en quelques pages, grâce à un système de page à déplier, le ventre de maman qui pousse et un bébé qui grandit à l’intérieur : simple et efficace. Je pense qu’il nous a aidé à faire passer le message à notre choupette.

Au début Héloise ne change pas de comportement.

Pendant la durée de la grossesse, pour l’aider à concrétiser et matérialiser l’idée, nous utilisions 2 poupons et nous les nommions du nom que porteront les enfants. Elle est la première à connaître les prénoms que porteront ses sœurs. Elle joue beaucoup avec eux, ça tombe bien, c’est l’âge ! ☺ elle joue à les nourrir, les changer, les coucher.

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Nous choisissons aussi de l’impliquer autant que possible en amont pour éviter qu’elle subisse la situation.

Par exemple :

• Lorsque nous avons acheté les lits de ses sœurs et voulu les installer dans sa chambre, nous lui avons demandé son avis pour l’agencement. C’est aussi elle qui a décidé qui dormirait dans quel lit. Nous avons respecté son choix à l’arrivée des petites. Elle avait l’air heureuse d’avoir son mot à dire

• Le soir, nous modifions légèrement notre rituel : histoire, câlins, bisous à papa, maman et aussi sur le ventre de maman pour les petites sœurs, sans jamais la forcer.

• Au fur et à mesure que le ventre grossi, nous lui expliquons que ce sont les petites sœurs qui grandissent. Elle touche mon ventre et fait des bisous dessus, elle semble vraiment contente. Je sens que les filles réagissent à la présence d’Héloïse. Elles tapent et bougent plus quand elles entendent sa voix ou que ses mains sont sur moi. Héloïse semble bien réagir au ventre qui devient gros.

• Nous avons programmé une séance photo avec elle. Nous souhaitions immortaliser le moment et continuer à la positionner dans son rôle de grande sœur.

• Enfin, lorsque le terme s’est rapproché, elle m’a aidée à faire ma valise de maternité. Nous lui expliquons que les bébés vont sortir du ventre et que c’est à la maternité que cela se fait, comme les gateaux qui se font dans la cuisine. C’est comme ça. Et elle accepte cette idée de fait assez bien. Une fois à la maternité, elle me demandera à son papa mais sans insistance. Celui-ci lui rappelant que c’était car les bébés devaient rester quelques jours à l’hopital avant de rentrer à la maison.

• Quand elle a fait connaissance de ses sœurs, cela a été un gros moment d’émotion. C’est en les voyant qu’elle a compris j’en suis sûre. Il y a eu un silence. Je m’y attendais alors pour briser la glace le plus vite possible, j’avais prévu des cadeaux « de la part des petites sœurs pour Héloise ». J’en avais placé un dans chaque landau. Et ça a marché, elle était tellement heureuse d’avoir des cadeaux et s’est empressée de les prendre et d’ouvrir les paquets (livre de gommettes et coloriage, qui en plus l’ont occupée pendant que papa et moi discutions).

Au final, peut être grâce à tout cela, le retour à la maison s’est fait plutôt naturellement et sans régression particulière pour Héloïse. Aujourd’hui c’est une grande sœur adorable, très prévenante et pleine d’attentions vis-à-vis d’elles. »

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